[En Périgord] Des histoires de Périgueux

Il fallait un jour de pluie pendant les vacances, et ce fut celui-là. Mais même un jour de pluie, il faut faire le détour par Périgueux, capitale du Périgord et véritable décor de cinéma.

La ville médiévale

Abstraction faite des voitures et terrasses de cafés, se balader dans la ville médiévale Périgueux permet presque de se croire dans un autre temps. On chemine sur les pavés dans un dédale de ruelles et escaliers reliant entre elles de nombreuses petites places bordées d’hôtels particuliers.
On commence la balade par la place de la Navarre (en l’honneur du futur roi Henri) qui remonte sur la rue aubergerie (dont la destination est contenue dans son nom). A ce propos, Périgueux est située sur un chemin de Saint-Jacques, d’où une activité d’accueil des pèlerins intense depuis des siècles. Dans la cathédrale, une chapelle leur est spécialement dédiée.

En continuant le périple, on croise la place du Coderc face aux petites halles avec ses deux arbres au centre. Place Saint-Louis, on ne peut que s’arrêter devant la maison du pâtissier avec sa superbe porte en coquille sculptée. Selon la légende, le pâtissier en question devrait sa renommée à l’invention de la recette du pâté de Périgueux.

Un peu plus loin, le puit Limogeanne offre un chouette dédale qui fait oublier toute trace de modernité. Pareil un peu plus loin, place de la Vertu, avec une maison à colombages en forme de porche. Plus loin sur les quais, une maison est perchée sur son bout de rempart, telle la maison du barde Assurancetourix. J’imagine que c’est une reconstitution fidèle de l’époque, mais c’est surprenant tout de même.

La cathédrale Saint-Front est étonnante. Par sa forme, ses dimensions, sa situation dans la ville tout au bout de la colline face à la vallée. On y entre depuis la place de la Clautre, un grand parking plein de bagnoles (bon, ça…) avec la municipale qui verbalise à tout va et des locaux qui tentent de négocier leurs PV. De l’extérieur déjà, son style détonne, avec ses multiples coupoles et son clocher d’inspiration byzantine. A l’intérieur aussi son plan est étonnant, en forme de croix grecque, comme la basilique Saint-Marc de Venise. Il en ressort une impression d’immensité, malgré une pierre noire assez sombre.

La cathédrale date de l’an Mil et est donc dédiée à Saint-Front, un légendaire évangélisateur du Périgord (visiblement, il s’agirait plus sûrement d’un ermite qui n’a jamais bougé d’ici et dont on a mélangé la vie avec celle d’un moine parti en Égypte rencontrer Saint-Pierre qui lui aurait dit de fonder un monastère à Périgueux… c’est toujours un peu fumeux ces histoires-là 😉).
Bref, toujours est-il qu’au 19e siècle, un architecte du nom de Paul Abadie vient se faire la main en matière de coupoles à Périgueux avant de construire la basilique du Sacré-Choeur à Paris. Exit les toitures traditionnelles et bonjour à l’aspect que l’on connaît aujourd’hui.

La ville gallo-romaine

Voilà pour la ville médiévale. Mais on peut remonter un peu plus loin dans le temps à quelques mètres de là, au musée Vesunna, qui retrace la période gallo-romaine de Périgueux. Le concept du musée est original, car il est construit directement sur le site archéologique d’une “domus” gallo-romaine, retrouvée par hasard lors de travaux. Le lieu a été conçu par l’architecte Jean Nouvel, l’enfant du pays, qui a littéralement posé un toit sur le champ de fouilles sans presque rien autour. Dans le patio d’entrée, on a même conservé un vieux chêne, comme si le bâtiment n’existait pas autour. C’est très réussi.

En ce jour de pluie au mois d’août, le musée est pris d’assaut. Il retrace l’histoire de la cité gallo-romaine de Vesunna, ancêtre de Périgueux. Une ville prospère avec son amphithéâtre, son forum, son temple… La visite de la “domus” (à ne pas confondre avec une “villa” à la campagne) sert de prétexte pour explorer le mode de vie des habitants et l’aménagement des maisons. On y trouve plusieurs pièces à hypogée, des salons avec des fresques, une immense cour à colonnades avec son bassin central, des thermes privées…

Parmi les très nombreuses “découvertes fortuites” en ville présentées dans le musée, on a retrouvé une statue de Taranis / Jupiter. Car comme partout, les romains se sont appuyés sur les mythes gaulois locaux pour imposer leur civilisation. On apprend ainsi que l’on doit le nom de la région au peuple gaulois local, les Pétrocores qui ont donné leur nom au Périgord et à sa capitale Périgueux. Le nom de Vesunna a donné à la ville par les romains en l’honneur de la déesse protectrice de la cité.

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