[En Périgord] Road trip entre Vézère et Dordogne

De tout au nord à tout au sud, on a fait quelques découvertes plus ou moins fortuites sur les routes du Périgord, le long de la Vézère et de la Dordogne.

Brantôme

Départ à l’aube ce matin pour frôler le Périgord vert, à l’entrée du parc naturel régional. Le village de Brantôme est surnommé “la Venise du Périgord” et a la réputation d’enchanter ses visiteurs. Le grand homme du coin est Pierre-François Chabaneau, un chimiste qui a découvert la fusibilité du platine en 1783 (ok, c’est technique), mais la ville tient surtout sa célébrité de son abbaye qui aurait été fondée par Charlemagne (ou par Pépin le Bref, on n’est pas à un roi près).

Au bord de la rivière, le monastère déploie sa façade éclatante et même aveuglante sous le soleil du matin. Si les bâtiments conventuels datent du 18e siècle, son clocher serait le plus ancien de France. Autre particularité, l’abbaye s’est construite au pied de la falaise et est en partie troglodyte.

Au bout du quai, on arrive au pont Coudé (qui n’est pas le nom d’un grand homme, mais simplement la forme du pont, en coude, pour laisser passer les deux bras de la rivière). En contrebas, un ancien moulin accueille un hôtel de luxe.

Saint-Jean-de-Côle

Conseillé par les initiés, le village de Saint-Jean-de-Côle est tout petit, et mérite une halte pour tout plein de raisons : son château (qu’on ne visite pas), son église aussi. Elle est presque ronde et pour cause : elle devait être le choeur d’une église beaucoup plus grande. Ne reste donc “que” cette église à la nef ronde ceinturée de trois chapelles, dont l’une fait office de choeur.
Curiosité morbide, contre le mur extérieur de l’église se trouve trois petites tombes destinées à accueillir les morts-nés : après quelques mois arrosés par l’eau de pluie (sacrée) tombant du toit de l’église, ces bébés étaient considérés comme baptisés et digne de rejoindre le cimetière. Bon.

A côté de l’église, une belle halle fait face à la place du village. Un joli pont en pierre traverse la rivière, et quelques maisons à colombages se cachent dans les ruelles fleuries.

Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil

Dans mon souvenir (assez vague), le musée de préhistoire des Eyzies était accroché dans un abri sous roche, avec grande statue contemporaine à son entrée. L’abri est bien là, et la statue aussi, qui symbolise un homme regardant la Vézère, vers l’abri Cro-Magnon où a été retrouvé le premier spécimen de l’espèce en 1868. En revanche, le vieux château accroché sur la terrasse de l’abri sous roche ne se visite plus. Un musée moderne a été reconstruit en contrebas sur toute la longueur de la falaise.

Le musée national de préhistoire renferme un nombre incalculable de silex et autres outils taillés à différentes périodes. C’est avant tout un musée archéologique, assez peu didactique en fait, qui retrace l’histoire de l’Homme par périodes archéologiques. Intéressant, mais il faut s’accrocher un minimum pour s’y retrouver. On aborde aussi les techniques de fouilles par strates, ainsi que la faune qui régnait sur les paysages de l’époque. Le deuxième étage aborde les modes de vie, avec une partie sur les croyances auxquelles on rattache désormais les gravures et les peintures.

En contrebas, en suivant les petites rues du village, se trouve le centre d’interprétation de la préhistoire qui offre une courte mais intéressante explication des différences entre Neandertal et Cro-Magnon, ainsi que de l’évolution de la vallée de la Vézère.

L’instant “pas content”
Les villages de la vallée de la Dordogne sont devenus une pompe à fric, et c’est bien dommage. Ça n’enlève rien à l’affluence, et ça fâche les gens, bref, que du mauvais. Le label “Plus beau village de France” semble autoriser tout et n’importe quoi à condition de traiter le chaland comme un porte-monnaie ambulant. Triste revers de la médaille d’une région jusqu’alors connue depuis des siècles pour son accueil et sa tolérance. Fort heureusement, certains sortent du lot.

Limeuil

Limeuil est au confluent de la Vézère et de la Dordogne (avec sa petite pelouse ombragée). On grimpe rude sur un chemin à flanc de falaise pour atteindre le sommet du village, qui vaut le coup. La visite du château (enfin, surtout des jardins) est payante, mais le village se suffit à lui-même : des petites rues et chemins enherbés, des maisons au naturel… c’est chouette.

Plusieurs portes ceinturent le village, bien que la grande partie des remparts ait disparu aujourd’hui. Limeuil a en effet été le théâtre d’une bataille entre catholiques et protestants, comme beaucoup de lieux en Périgord, les seigneurs de Limeuil ayant joué de leurs alliances et mariages pour se trouver (ou pas) du bon côté de Dieu au fil des siècles.

Siorac-en-Périgord

Siorac-en-Périgord est un tout petit village le long de la Dordogne, mais qui dispose de tous les services pour faire une pause déjeuner. Et c’est l’étape obligée pour tout lecteur de “Fortune de France” où Robert Merle raconte l’histoire d’un jeune noble huguenot du 16e siècle vivant en Périgord, un certain Pierre de Siorac.

Les Jardins de Marqueyssac à Vézac

À l’origine des jardins de Marqueyssac, il y a un château avec un seigneur du 17e siècle, mais surtout ses descendants au 19e siècle. La propriété est bâtie sur un très long éperon rocheux qui domine la Dordogne et tout ses villages et places fortes. Des jardins de buis devant le château, on passe à de grandes allées qui traversent le domaine, puis à tout un réseau de chemins parsemé de cadoles, d’une chapelle, de fontaines, de cascades… et de nombreuses essences d’arbres. Plus récemment, des sculptures et peintures féériques complètent le tableau. Tout au bout, le belvédère sur la vallée de la Dordogne est le point d’orgue de la visite, avec sa vue sur le village troglodyte de La Roque-Gageac en contrebas.

Pour ma part, le meilleur point de vue est celui de la via ferratta qui longe la falaise sous le domaine. Ouverte à partir de 8 ans, elle réserve son quota de sensations, et les départs se font à heure fixe par petits groupes. On commence avec un moniteur qui nous montre comment fonctionne la ligne de vie continue : une riche idée ce truc, qui évite d’avoir à se décrocher à 20 mètres du sol, moment où je n’aurais pas été bien fier 😉 Car pour être ouverte “à partir de 8 ans” la via ferrata des rapaces n’est pas une promenade. Il y a toujours de quoi mettre les pieds et les mains, mais il faut mettre le vertige de côté, notamment sur le pont de singe de neuf mètres de long ! Mais l’expérience totalement sécurisée est à faire, rien que pour le panorama !

La Roque-Gageac

À La Roque-Gageac sur la Dordogne on peut se garer à la base de canoës puis longer (dangereusement) la départementale pour gagner le village. Ça grimpe, c’est très joli, souvent un peu artificiel, mais la lumière du couchant sur les pierres dorées fait l’effet waouh attendu.

Domme

Sur la rive sud de la Dordogne, Domme, avec son nom à la Game of Thrones, n’est pas un village troglodyte comme ses voisins, mais une bastide perchée sur un promontoire dominant toute la vallée. On le reconnaît à son plan en damier à la rigueur militaire, entouré de remparts percés de portes assez étroites. Le sous-sol renferme une grotte de concrétions, ce qui fait l’autre richesse touristique de la ville. C’est aussi un endroit idéal pour dîner au soleil face au panorama, à côté des oeuvres d’art qui parsèment le village.

En plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *