Vertige sur les Deux têtes

Dominant la station d’Arc 1600, le Signal des Deux têtes est le paradis des marmottes… et des highliners.

C’est le premier jour des vacances, et on commence tranquillement par une petite rando dans la station. C’est aussi, heureux hasard, le jour du trail des Arcs, qui élance sa centaine de coureurs dans les chemins.

Les runners partis devant, la balade commence sous le funiculaire qui arrive de Bourg-Saint-Maurice, monte jusqu’au nouveau Club Med avant de faire un petit passage dans la forêt. À peine une heure après le départ, on est déjà dans une grande clairière face aux Deux têtes.

Il fait doux et le soleil n’est pas encore à son zénith en cette fin de matinée. Un sifflement aigu caractéristique émerge entre les rochers. Deux marmottes sont perchées sur leur rocher, et détalent à la moindre alerte.

La montée continue, et des cris arrivent du sommet. Partant de la pointe nord des Deux têtes, une gigantesque slackline traverse la combe sur plus d’une centaine de mètres.
Un courageux s’est élancé et tente de se relever sur la sangle, à bonne distance des rochers.

Encore quelques virages le nez en l’air et la deuxième “tête”, plus petite, émerge derrière sa jumelle. Ils sont en fait une vingtaine de funambules à tenter leur chance sur ces highlines, encouragés par leur coache dont la voix cassée porte loin entre les parois. Il y a un suspense insoutenable à savoir si oui ou non le slackeur arrivera se relever, puis à faire quelques pas sur la ligne. L’effort paraît autant mental que physique, le rendant encore plus impressionnant.

Les immeubles de la station, 600 mètres plus bas, et même Bourg-Saint-Maurice, pourtant situé 1500 mètres en dessous, paraissent tout proches. Vertige garanti.

Le sommet est encore un peu plus haut, et le paysage devient tout à coup plus désertique. Les aménagements skiables ont rendu les derniers mètres encore plus arides qu’ils ne le sont naturellement, balayés par le vent.

La piste de ski contourne le Signal par le nord vers Arc 2000. Une plateforme panoramique y a été aménagée pour repos des skieurs et des randonneurs. Juste en face se déploie la station de La Rosière, et sa belle route qui monte jusqu’au col du Petit Saint-Bernard à la frontière italienne, passant sous l’impressionnante Pointe du lac Sans-fond (où l’on ira demain).

La fin de l’ascension se déroule dans les cailloux jusqu’au sommet du Signal des Têtes, marqué d’un simple poteau entouré d’un petit muret.
Ces derniers mètres un peu ingrats semblent rebuter bon nombre d’estivants, qui préfèrent contourner la difficulté par les pistes ou rebrousser chemin. La vue à 360° vaut pourtant le détour, entre les belles pentes herbeuses aménagées pour l’hiver et des falaises sèches et abruptes restées sauvages.

La descente peut se faire par le même chemin ou, pour allonger un peu sans difficulté, par la piste qui serpente sous le télésiège du Clocheret.

La vallée de l’Isère se dégage vers l’ouest, avec Bellentre au premier plan, puis Mâcot la Plagne lovée dans la forêt sur la rive droite, et la commune nouvelle d’Aime-la-Plagne juste en face.

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