Sur les traces du tacot de Monsols

Aux confins du Beaujolais, du Massif-Central et de la Bourgogne, le Mont-Saint-Rigaud abrite une longue balade en sous-bois, et son lot de petites histoires. Idéal pour se dégourdir les jambes en ce début d’été.

Comme toute curiosité géographique, le toit du Lyonnais n’est pas exempt de légendes : culte païen, ermite, source miraculeuse, et moines arrivés sur le tard pour remettre le Bon Dieu au milieu du village, rien de manque ! Mais c’est une histoire un peu plus récente qui commence la balade : celle du tacot de Monsols.

En 1906, on décide de construire entre Cluny, Monsols et La Clayette une ligne de chemin de fer à voie métrique, pour désenclaver les villages ruraux de ce petit coin de Charolais-Beaujolais. Un tacot circule sur sa voie unique (les trains ne se croisent qu’en gare), permettant aux habitants des villages de rejoindre la ville et les grandes lignes de train. Las, à peine 30 ans plus tard, en 1934, le “tacot de Monsols” s’arrête de fonctionner, déjà supplanté par la route.

C’est donc de l’ancienne gare de Monsols que débute l’ascension du Mont-Saint-Rigaud. On monte tranquillement mais régulièrement dans la forêt exploitée, le sommet et ses grandes antennes en vue.
Le sentier est très bien balisé (suivre les balises SR2 en forme de sapin sur fond blanc), et il faut être bien chaussé pour ne pas rouler sur les cailloux.

Le sommet est atteint en deux petites heures d’un bon pas et l’on peut profiter de la tour panoramique construite pour dominer les cîmes. Les concepteurs ont vu grand : en plus du paysage immédiat, la table d’orientation présente toutes les préfectures de France, puis les capitales européennes, et celles du reste du monde. Pour info, le pôle nord est à 4867 km, et Saporo à 9188 km (et Vesoul à 202 km).

Juste en-dessous se trouve une source qui passe pour être miraculeuse : un ermite guérisseur vivait là, puis à sa mort, il eu pour sépulture la nappe même de la source, ce qui lui donna des vertus médicinales. La religion catholique étant passée par là, c’est aux petites croix réalisées sur place par les pèlerins qu’on confie désormais ses vœux.

Le retour à Monsols est quasiment tout en descente, le long de la route, un peu en forêt, et finalement sur l’ancienne voie ferré du tacot, que l’on retrouve dans le dernier tiers de la balade. C’est alors que l’on traverse le viaduc du Chatelard, tout juste restauré. De ses 30 mètres de hauteur, ses 12 arches, et 145 mètres de long, cet ouvrage d’art montre toute la démesure de la Révolution industrielle.

En repartant de Monsols, c’est un autre vestige industriel qui attire l’œil : le garage d’Antonin Durand à Saint-Christophe-en-Montagne mérite qu’on s’y arrête. Pas pour y faire le plein de mélange, mais pour admirer le travail de remise en état de ce vieux garage des années 50, comme en avait tout village de l’époque.

Malheureusement, comme le tacot avant lui, le garage ne reçoit de visiteurs depuis longtemps. Et c’est bien dommage !

En plus
  • Le topo-guide (pour suivre l’itinéraire décrit, partir de Monsols – les Charbonniers, puis plein sud jusqu’à la Croix des Oncins pour rejoindre le circuit SR2 – rouge jusqu’au retour à Monsols) : www.rhonetourisme.com ou directement en PDF

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