Les cinq lacs de Forclaz

À la limite entre Tarentaise et Beaufortin, on découvre successivement les cinq lacs de Forclaz, avant un final étourdissant sur le Mont-Blanc.

La très longue route qui mène au fort de la Platte nécessite d’être parfaitement réveillé… ce qui n’était pas mon cas en cette fin d’été. Il faut un bon moment depuis Bourg-Saint-Maurice pour atteindre le départ de la randonnée, sur une route très étroite, sinueuse, et ressemblant d’ailleurs plus à une piste qu’à une route ! Après deux trois frayeurs automobiles, on émerge enfin de la mer de nuages.

L’itinéraire est on ne peut plus simple, en ligne droite jusqu’au bout, sans croisement d’un côté ou de l’autre. Deux heures de montée dans les alpages sont nécessaires pour atteindre le col de Forclaz, et le plus dur est fait.
Au passage, le terme “forclaz” (que l’on retrouve un peu partout dans les Alpes) vient de furcula, soit “petite fourche” en latin, et désigne un col, ce qui fait de “col de la Forclaz” un joli pléonasme !

Il faut alors descendre un peu pour traverser le ruisseau. Encore un effort, et voici le premier lac, celui d’Esola, isolé dans un creux en contrebas du sentier. Les alpages se reflètent dans le miroir d’eau, lui donnant sa couleur bleue-verte. Dernière nous, la vallée est encore dans la brume.

Arrive enfin le lac Riondet (tout rond), puis le lac Cornu (comme son nom l’indique) et enfin le lac Verdet, avec son gué longé de petites fleurs blanches, qui fait fureur sur Instagram. En prenant un peu de hauteur, ils forment une belle cascade de lacs avec vue sur la Vanoise.

Une dernière ascension conduit au lac Noir, le plus sauvage, et le plus minéral aussi, d’où son nom. Un pierrier gigantesque descend dans ses profondeurs, entraînant des poches de neige toujours présentes en cette fin août.

Officiellement, le sentier s’arrête ici. En vrai, il est trop tentant de grimper une dernière fois au-dessus du lac pour voir “ce qu’il y a derrière”. Un chemin bien tracé continue donc jusqu’au col sous la Pointe Motte.

Et le voici qui apparaît, majestueux au bout de la combe, le Mont-Blanc. Si proche et si loin, le regard traverse deux fois la frontière pour l’atteindre, suivant la vallée des glaciers jusqu’au col de la Seigne, que le géant domine de ces 4810 mètres d’altitude. On ne rigole plus, c’est de la haute montagne là-bas.

Après quatre heures de randonnée, il est temps de rebrousser chemin, par le même itinéraire (pas question de s’en écarter, il est bordé d’un champ de tir de l’armée), non sans croiser bouquetins, vaches, moutons et marmottes jusqu’au fort, à nouveau gagné par la brume.

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