Quelques pépites des Beaux-Arts à Dijon

Une visite express du musée des Beaux-Arts de Dijon tout juste réinventé, lors d’un passage tout aussi express dans la capitale des Ducs.

Pour sa réouverture après une décennie de travaux, le musée met à l’honneur Yan Pei-Ming, artiste dissident chinois mondialement connu, et qui a trouvé à Dijon des amis et des ressources pour développer son œuvre immense, à tous les sens du terme. Plus qu’une exposition temporaire, ses tableaux les plus monumentaux sont inscrits au sein de l’exposition permanente, dialoguant avec les époques et les grands maîtres.

C’est ainsi que les tombeaux de Philippe Le Hardi, Jean Sans Peur et Marguerite de Bavière, toujours veillés par les pleurants d’albâtre, le sont aussi par trois portraits monumentaux de la Mère de Yan Pei-Ming au seuil de sa vie.

Plus loin, c’est un dytique consacré à saint Matthieu d’après Caravage, et L’Exécution d’après Goya, qui font face aux peintures d’histoire dans les collections permanentes du musée.

Au passage dans la salle des statues, le regard est attiré par la vue sur la place de la Libération, ou encore par les copies d’antiques italiens. Mais il faut lever les yeux au plafond pour découvrir l’œuvre la plus majestueuse, une toile à la gloire du prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, d’après une fresque d’un palais romain.

C’est Pierre-Paul Prud’hon, artiste Clunisois, pensionnaire de l’École de dessin dijonnaise, qui est chargé de la commande, en contrepartie de sa résidence à Rome où l’École lui permettait de parfaire sa formation pendant trois ans. Disposée dans la même salle, l’esquisse préparatoire permet de jouer aux jeux des (sept ?) différences.

Effet collatéral des manifestations parisiennes de l’hiver dernier, l’artiste François Rude est revenu sur le devant de la scène lors du saccage de l’Arc de Triomphe. Sculpteur d’un des plus beaux haut-relief du monument, le Dijonnais de naissance est l’auteur du Départ des volontaires, et du désormais célèbre Génie de la Révolution, dont même les maquettes en plâtre dégagent une force impressionnante.

L’heure tourne, et il me manque de temps pour apprécier correctement les sculptures de François Pompon, autre Côte-d’orien rendu célèbre par ses œuvres animalières, où il simplifie le trait de ses sujets pour mieux mettre en avant un élément caractéristique (le blanc de l’ours, les yeux du hibou, ou les bois du cerf).

C’est finalement avec quelques œuvres consacrées au sport que la visite se termine au seuil du 20e siècle : l’Entraînement de rugby de Jacques-Émile Blanche, et surtout les Footballeurs de Nicolas de Staël, une série de tout petits formats (je les imaginais beaucoup plus grands), peints par l’artiste russe après le match France-Suède du 26 mars 1952 au Parc des Princes (victoire de la Suède 1-0).

Après une petite heure au pas de course, il me reste une conviction : il n’y a pas que les dijonnais qui pensent que leur musée est le plus beau de France après le Louvre. Et en plus, il est gratuit.

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