[Escale à Marseille] Jour 1 – chasse aux clichés

Un grand week-end à Marseille, capitale de la Provence et mégapole aux petits villages : trois jours de lieux incontournables, de calanques et de découvertes imprévues au fil de balades le nez au vent. Premier jour de ce citybreak estival.

Les portes du TER sont à peine refermées, les wagons tout juste en branle, qu’elle sort le paquet de M&M’s soigneusement caché au fond de son sac. Tout au fond contre la dernière fenêtre, la religieuse en aube grise et voile blanc cède à son premier péché des vacances. Elle engloutira le paquet de bonbons avant même le passage du train à la gare suivante, et reprendra ses pieuses lectures, comme cela était le cas quelques minutes plus tôt sur le quai de la gare.

[Flash-back] Entourée de voyageurs stressés par le grand départ et les “retards indéterminés” qui clignotent sur les panneaux d’affichage, la none faisait montre d’une patience et d’une sagesse à toute épreuve, quand la foule assaillait Mohammed, malheureux préposé du jour au guichet des renseignements, qui au sujet de sa correspondance, ou d’un moyen d’échanger son billet pour un autre horaire.

Quelques heures plus tard, dans le TGV attrapé de justesse à Lyon-Part-Dieu, les champs défilent à perte de vue sitôt passé Valence. C’est déjà le sud, avec ses mas entourés d’arbres, ses barges qui draguent les fonds du fleuve, ce Rhône immense qu’on enjambe encore et encore en ligne droite vers le sud. À l’arrivée, une publicité géante pour France Bleu à la sortie de l’escalator de Marseille-Saint-Charles invite à se libérer des clichés sur Marseille.

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Est-ce un cliché ? Les gens sont sympas à Marseille. En tout cas les agents du métro, qui renseignement avec plaisir, aident le touriste désorienté qui débarque les mains dans les poches, et le tout avec le sourire. On aimerait qu’il en soit ainsi ailleurs.
Pour continuer dans les clichés, Marseille est une ville “sale”, mais tout autant que Paris, Lyon ou Grenoble peuvent l’être. C’est une ville qui vit, pas une carte postale (enfin, presque).

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En fait, Marseille est surtout une des capitales européennes du street art, que l’on commence à peine à faire connaître au grand public. Il y a eu Marseille-Provence 2013 – capitale européenne de la culture, bien sûr, pour en parler, où dernièrement le webdocumentaire sponsorisé par Google sous forme de balade nocturne autour du cours Julien, le quartier bobo-arty qui monte dans la cité phocéenne.

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Des graffitis d’artistes, le quartier du Panier en est couvert. Dans ce dédale de ruelles et d’escaliers où l’on se perd facilement et où l’on tourne en rond sans s’en rendre compte, les fresques sont à tous les coins de rues. Il y a un côté “Vieux Lyon” dans l’architecture du Panier, mais l’ambiance y est toute autre. Le quartier est encore très populaire, assez peu rénové, avec du linge qui sèche aux fenêtres, des menuiseries qui ont souffert, des chantiers permanents ou des rafistolages qui durent sur les façades.

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C’est un quartier d’artistes et de petits bars alternatifs, bizarrement assez peu envahi de boutiques de chinoiseries touristiques, même si la rue centrale du Panier fait un peu exception, ainsi que la place des 13 cantons (et son nombre équivalent de bars branchés). Mais sur d’autres places du Panier, rien ne semble troubler la vie quotidienne des enfants qui jouent au foot pendant que d’autres promènent leurs chiens, fort nombreux ici.

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Vers 19h, le quartier se vide, chacun rentrant dans sa chacunière, les touristes redescendant la colline vers le Vieux port pour dîner ou le J4 pour attendre le coucher de soleil. L’esplanade du J4 est ce nouvel espace aménagé face à la mer qui concentre tous les symboles que la mairie de Marseille veut envoyer aux visiteurs, image clichée (c’est le thème du jour) d’une ville à la fois historique et moderne, enracinée dans un passé millénaire, ouverte sur le monde et le 21e siècle.

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En un regard, de gauche à droite, on retrouve d’abord le quai d’accueil des paquebots de croisière, dont les milliers de locataires flottants sont une manne en plein essor ; la cathédrale de la Major juste en bas du Panier ; la villa Méditerranée avec son impressionnant porte-à-faux au-dessus de l’eau ; le Mucem qu’on ne présente plus, lui aussi entouré d’eau ; le Fort-Saint-Jean tout juste rénové et ouvert au public ; plus loin derrière le Vieux port ; et encore plus loin, Notre-Dame-de-la-Garde qui brille au sommet de sa colline. Le Palais du Faro, au milieu de ses jardins, les îles d’If et du Frioul, et enfin la mer à perte de vue depuis un immense quai complètent le tableau.

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On retourne vers le Vieux port qui s’est animé en cette fin de journée. Cet espace “rendu aux Marseillais” comme le veut la formule (et qu’on a du mal à imaginer bondé de voitures et de parkings) devient alors semblable à ses homologues de la Méditerranée, avec ses restaurants en terrasse, ses vendeurs à la sauvette et musiciens ambulants sous l’ombrière de Norman Foster, oeuvre d’art, jeu pour les enfants (et les plus grands) et bien pratique en plein après-midi.

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Mais il y a mieux que le Vieux port pour apprécier le coucher de soleil, là où se retrouvent les marseillais et les initiés, sur la place de l’abbaye Saint-Victor. Cet ensemble fortifié monumental, qu’on croirait tout droit sorti du Moyen Âge ou d’un épisode de Game of Thrones, s’ouvre sur une petite placette qui surplombe la ville, avec vue sur les forts et le Panier.

C’est dans ce quartier finalement assez peu touristique (encore qu’il peut constituer un détour sur le chemin de Notre-Dame-de-la-Garde) qu’on retrouve les boutiques traditionnelles de trois spécialités marseillaises : les santons Marcel Carbonel, le four des navettes, et les savons Saint-Victor.

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Il est temps de prendre le métro pour rentrer. Quelques heures plus tôt, on y avait fait la rencontre d’autres clichés marseillais : la cagole qui bouscule et engatse la mère de famile en poussette sans cesser de siroter son frappé Mc Do à la fraise ; la bande de jeunes en tongs / short / maillot de foot / casquette à l’envers / écouteur à fond sur l’oreille ; celui qui garde ses lunettes de soleil dans le métro ; et autour d’eux, de nombreuses personnes allant au boulot plongées dans un bouquin.

À croire que ces stéréotypes ne sont là que pour nous faire croire à la carte postale.

En plus
  • Le site de l’office du tourisme de Marseille : www.marseille-tourisme.com
  • Une balade nocturne autour du cours Julien “avec Google” : lien
  • Une expérience interactive en son et images pour découvrir les ambiances de Marseille, mais pas que, réalisée dans le cadre de Marseille-Provence 2013 : lien

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