Dans un autre espace temps

À l’heure où tout doit aller vite, où l’on doit tout contrôler, où le moindre désir doit être satisfait dans la minute, un jour d’affluence à la Cité de l’espace permet de passer dans une autre dimension.

Après huit semaines de canicule, c’est aujourd’hui le premier jour de mauvais temps d’un été sans nuages sur Toulouse. C’est aussi la première semaine d’août, ce moment où les trois quarts de la France s’arrêtent de travailler, et un jour de nocturne au parc jusqu’au 23h. Le combo pour exploser le record d’affluence de la saison à la Cité de l’espace. Les équipiers et animateurs sont débordés, se font pourrir dans tous les sens par des touristes en mode marathon, mais aucun ne lâche son indéfectible sourire. On a l’air de bien vivre dans cette maison en forme de fusée.

Le parc est tout petit. Rien à voir avec le Futuroscope auquel on le compare parfois. Deux bâtiments principaux se partagent la majorité des visiteurs : l’un pour les expositions et animations, l’autre pour les projections en grand format. Et tout au fond, le Terr@dome abrite un quizz interactif qui a mal vieilli (mais qui n’est pas si simple que cela !).

L’un des intérêts de la Cité de l’espace est de présenter des “maquettes” grandeur nature, dont certaines sont de véritables engins spatiaux ayant voyagé. Ce n’est pas le cas de la station Mir, désintégrée dans l’atmosphère en 2001, mais dont la reproduction perchée sur ses piliers a de faux airs de Quadripope impérial dans Star Wars 😉
En la parcourant, on découvre un véritable mécano spatial, parfois fait de bric et de broc, rafistolé de toutes parts et avec ses gros tuyaux de ventilation qui courent dans tous les modules. Le confort était sommaire.

Il faut également prendre son temps dans les nombreuses et très documentées expositions temporaires ou permanentes, qui racontent tout de la conquête de l’espace. La star du moment est une pierre de lune ramenée sur Terre par la mission Apollo 15 en 1971.

Mais celui qui attire véritablement les foules est évidemment Thomas Pesquet, dont le film projeté en Imax mérite ses 45 mn d’attente. Dans les yeux de Thomas Pesquet est magique, époustouflant, émouvant… il s’ouvre sur une scène montrant l’astronaute en train de jouer du saxophone dans la Cupola, et déroule pendant trente minutes les grandes étapes de sa préparation avant son grand voyage. On y retrouve plusieurs scènes décrites dans la géniale BD de Marion Montaigne Dans la combi de Thomas Pesquet.

Parfait ambassadeur de l’espace (et un poil énervant : le mec est intelligent, sportif, doué pour tout, beau gosse, drôle… et astronaute), Thomas Pesquet a embarqué avec lui une caméra pour se mettre en scène tout au long de la mission Proxima, et en a ramené des heures d’images ainsi qu’une conviction à défendre la planète. La version long métrage, intitulée 16 levers de soleil, sortira début octobre au cinéma, et s’annonce déjà comme un succès.

Alors que la nuit tombe, la Cité de l’espace prend une autre ambiance : des astronomes s’installent dans les jardins avec leurs télescopes, un prévisionniste de Météo France tente d’expliquer pourquoi “la météo se trompe tout le temps”, un concours de dessins occupe les plus petits entre une animation et une projection dans l’un des deux planétariums.

En plus de sa caméra et de son saxophone, Thomas Pesquet a emmené avec lui une figurine du Petit prince de Saint-Exupéry, thème du spectacle nocturne de la Cité de l’espace, qui clôture tout en douceur une journée dans les étoiles.

Dans les commentaires sur TripAdvisor, on adore ou on déteste la Cité de l’espace de Toulouse. Après 10h passées sur place, je pense avoir compris : pour en profiter, il faut s’y ennuyer, prendre son temps, attendre et regarder. Un peu comme pendant le long voyage entre la Terre et la station spatiale internationale, quand il faut 48h pour parcourir à peine 300 km.

La bande-son
En plus
  • Le site officiel de la Cité de l’espace : www.cite-espace.com
  • Le compte Instagram de Thomas Pesquet : instagram.com/thom_astro
  • Le site internet de la mission Proxima : proxima.cnes.fr
  • À lire : Dans la combi de Thomas Pesquet (BD), par Marion Montaigne – Dargaud, 208 pages, 22,50 €

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